·       Est-ce conforme à la vérité ?

·       Est-ce loyal de part et d’autre ?

·       Est-ce susceptible de stimuler la bonne volonté et les relations amicales ?

·       Est-ce bénéfique à tous les intéressés ?

 

Histoire du Rotary : 1905/1915

On sait tous, –mon propos s’adresse en particulier aux nouveaux rotariens– que l’idée du Rotary a germé durant l’année 1904 auprès de 4 amis, qui se fréquentaient et se trouvaient animés des mêmes principes d’éthique nourris par un travail en commun dans d’autre associations où ils se rencontraient. Ils se sont aperçus que si on appliquait au monde des affaires ces principes, l’ambiance délétère qui s’exerçait durant ces années alimentée par la violence que tout cinéphiles connait, pourrait connaitre d’heureuses conséquences, pour peu qu’on explique que toute transaction devrait profiter à tous les partis en présence. Il s’agissait de créer les conditions d’un apaisement au sein de la cité de Chicago ou régnait la loi du plus fort. Nos 4 amis exerçaient des métiers différents, et il était bon qu’un avocat (Paul Harris) en soit l’initiateur. Résultat des courses, la ville verra la fondation du Rotary Club de Chicago le 23 février 1905, le premier d’un très grand nombre de par le monde.

Je ne peux pas au cours d’un « 5 minutes » raconter le Rotary. Cela signifierait que le Rotary est peu de choses alors que c’est l’inverse. Je vais donc circonscrire mon propos comme pour un feuilleton, aujourd’hui aux années 1905/1915. Mon intervention suivante relatera la période 1915/1945 puisqu’il faut bien comprendre que l’essor en Europe et dans le Monde s’est réalisé à la fin de la guerre et dont le Rotary, suffisamment connu déjà, participe à la rédaction de la Charte des Nations Unies après avoir en 1943 contribué à la création de l’Unesco.

Pour information, le Club de Paris est né en 1921 et qui a donné lieu à une réception par le Président de la République à l’Elysée. Il faudra attendre 1937 pour qu’un français devienne Président du Rotary : Maurice Duperrey

3 ans auront suffi pour qu’un deuxième club naisse à San Francisco. Celui de Chicago comptait alors 200 membres, puis un troisième à Seattle, puis encore Los Angeles. La dynamique était née et elle allait bientôt se répandre dans tous les Etats Unis puis au Canada avant de franchir l’atlantique pour s’installer notamment en Irlande. Jusqu’à la première guerre mondiale, le Rotary balbutiait en Europe. 9 ans c’est peu. La paix, qui n’est toujours qu’une période précaire entre deux guerres, permettra son implantation en France.

Le Rotary s’organise autour de trois actions au départ ; « Intérieure » « Intérêt public » et « Professionnel », mais ne tarde pas, compte tenu des heureuses perspectives dans le Monde, à ajouter un quatrième pilier qui sera l’Action Internationale dans la mesure où l’association rotarienne prenait des positions à travers le monde. Aujourd’hui encore, nous articulons nos actions à partir de ces quatre directions sur lesquelles sont venu se greffer des actions complémentaires qui dépendent des premiers, des sous-commissions, comme la jeunesse et d’autres.

Le Rotary constitue en effet une structure idéale pour travailler à la concrétisation de ses rêves par l’application de « vertus » que sont la tolérance, la probité, la fraternité, l’engagement à servir la collectivité et à promouvoir la paix dans le Monde. Bien sûr, tout s’est affiné au fil du temps, mais les bases rotariennes demeurent. Elles ont vocation à changer nos vies par notre manière d’être au sein de ce qu’on appelle aujourd’hui ; assurer le vivre ensemble.

Paul Harris nous quitte le 27 janvier 1947 à l’âge de 78 ans.

Quelques mots sur le personnage :

Paul Harris était issu d’une famille modeste. Sa mère Cornelia Bryan était originaire de la ville de Racine dans le Winconsin dont le père, avocat, avait été le Maire. Cornellia épouse Georges Harris en 1864. De leur union nait un premier fils Cecyl, puis Paul le 19 avril 1868. Son père n’a malheureusement pas le sens des affaires et après avoir papillonné d’un travail à l’autre, ses parents achètent une droguerie, escomptant une stabilité de nature à préserver la famille. Mais, un commerce n’étant pas plus facile à gérer qu’un emploi, le magasin périclitait et ils durent finalement fermer boutique. Devant les difficultés financières, et afin de préserver une bonne éducation pour leurs enfants, leurs parents les confièrent aux grands-parents. Paul hérite de son grand père le gout du travail et de l’effort et surtout la volonté de parvenir à se faire une place dans la société.

Quelques années plus tard, la famille se reconstitue. Sa mère donne des cours de piano pour augmenter les revenus du ménage, mais la situation se dégrade de nouveau. Son grand-père paternel, devant l’échec de son propre fils Georges, mise tous ses espoirs sur Paul. Il fait tout son possible pour le faire entrer à la « Black River Academy » dans le Vermont d'où il fut expulsé après quelques semaines seulement puis à l’Académie Militaire, sans doute pour le corriger. Ses résultats lui permettent alors de s'inscrire alors à l'Université du Vermont à Burlington dont il est également expulsé en décembre 1886 en compagnie de trois de ses camarades à cause de leur appartenance à une société secrète. Il aura cependant beaucoup plus tard, en 1933, le titre de Docteur Honoris Causa.

 Paul Harris passe ensuite le printemps avec un tuteur privé payé par son grand-père et, à l'automne 1887, il est admis à l'Université de Princeton. Après un semestre, ses études sont interrompues par le décès de son grand-père en mars 1888 et Paul ne reprend pas les cours l'année suivante. Après Princeton, Paul part ensuite pour Des Moines (Iowa) pour effectuer un stage au cabinet d'avocats St. John, Stevenson et Whisenand, et pour terminer ses études de droit à l'Université d'Iowa City d'où il sort diplômé en juin 1891.

J’arrête là l’histoire de son enfance et de son adolescence pour simplement indiquer qu’il n’était pas né avec une cuillère en argent dans la bouche. Il était issu de ce qu’on nomme aujourd’hui la classe moyenne même plutôt inférieure.

Après quelques pérégrinations destinées à éprouver la vraie vie, ce qu’il a appelé lui-même ses cinq années de folie où il a vagabondé à travers les Etats Unis, Paul jette son dévolu sur la ville de Chicago en 1896 où il s’installe et ouvre un cabinet d'avocats dans le quartier d'affaires. Il restera plus ou moins actif professionnellement pendant plus de quarante ans, même après sa retraite. 

Après des débuts difficiles pour se faire une clientèle ou la concurrence était âpre, les mœurs violents et le chacun pour soi, il parvient par la qualité de son travail à devenir membre actif de la « Chicago Association of Commerce ».

 

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Origine de l’idée.

Un jour d'automne 1900, Paul P. Harris va dîner chez l'avocat Bob Frank dans un quartier du nord de Chicago. Tous deux partent se promener dans les rues et s'arrêtent dans plusieurs boutiques. Paul Harris est marqué par l'accueil chaleureux fait à M. Frank par les commerçants. 

Depuis son arrivée à Chicago pour ouvrir son cabinet d'avocat, Paul Harris n'avait jamais rencontré une telle camaraderie lui rappelant la ville de Nouvelle Angleterre où il avait grandi. Il se demande s'il ne serait pas possible de la canaliser et de l'étendre. C'est ainsi que Paul Harris, peu de temps après, persuade d'autres hommes d'affaires locaux de se réunir pour discuter de la formation d'un club voué au commerce, à la communauté et à la camaraderie. Sa vision allait établir les fondations du Rotary. 

« Je continuais à penser que je vivais ce que des centaines, voire des milliers d'autres avaient ressenti dans cette grande ville... J'étais certain qu'il devait y avoir de nombreux autres jeunes gens en provenance de la campagne venus s'installer à Chicago... Pourquoi ne pas nous retrouver ? Si, comme pour moi, la camaraderie leur manquait, quelque chose en ressortirait. »

 

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La concrétisation de l’idée

Lorsqu’il crée le Rotary, c’est-à-dire environ 5 ans plus tard, il est à la tête d’un grand cabinet d’avocats pourvu d’une solide clientèle. Ses relations et sa vie associative y ont largement contribué.

Silvester Schiele, grossiste en charbon, est le premier à qui Paul fait part de ses projets. L’idée faisant son chemin, ils sont rejoints par Gustavus Loehr, Ingénieur des Mines, et Hiram Shorey, un tailleur. Harry Ruggles devient le premier rotarien admis. A partir de l’idée d’une « round table » puis d’un « rotation club », c’est finalement le mot Rotary qui est adopté. Avec l’afflux de nouveaux membres, il n’est plus question de se retrouver vu le nombre de participants, dans les bureaux trop exigus de Gustavus Loehr, situé dans l'Unity Building (salle 711) dans le centre-ville de Chicago, pour ce qui sera considéré plus tard comme la première réunion d'un Rotary club mais dans un hôtel. C’est le Brevoort hotel qui fut choisi. Les réunions ont lieu tous les 15 jours. 

L’échange de services professionnels est le thème central de l’activité rotarienne. Il a été son unique raison d’être au départ. Il s’agissait d’un réseau d’entraide. L’aspect professionnel reste encore de nos jours le pilier du Rotary autant que la base, son essence et son corpus. Nous sommes avant tout un réseau de professionnels. Si on veut aider les autres comme la devise « Servir d’abord » nous y invite, il faut soi-même être suffisamment prospère.

Deux objectifs sont inscrits dans le règlement intérieur ; la promotion des intérêts professionnels de ses membres et la promotion de la camaraderie. Rien ne peut aboutir sans l’esprit amical et de camaraderie. C’est le ciment grâce auquel la vie d’un club se pérennise. Nous le savons tous et avons le devoir de maintenir le lien par nos présences aux réunions statutaires. L’appartenance au Rotary n’est pas dans la carte de membre mais dans la présence et l’action.

Devant le succès de ces premiers Rotary clubs, une concurrence voulait s’installer, comme à Los Angeles en 1910, pour des motifs d’intérêts financiers dont bénéficient les réseaux d’entraide, un carnet d’adresse. Quand quelque chose marche, on veut le copier, c’est légitime. Pour beaucoup, appartenir à une caste qui aide ses membres est un avantage incontestable, ce qui est le propre des associations sélectives et élitistes où on est admis par cooptation. Quand il fait part de son intention d’expansion à d’autres villes, il subit une forte opposition. Ses amis n’avaient pas compris l’ambition initiale du projet. Ils voulaient garder les bénéfices pour leur seule ville de Chicago. Ces hommes qui n’avaient jamais connu l’échec n’avaient pas une âme de spéculateur. Comprenant qu’il est inutile d’insister sur ses vues expansionnistes, c’est donc de manière informelle qu’il en parle à un jeune vendeur : Marcel Munoz, qui doit faire un voyage d’affaire à San Francisco. Paul lui dit : « Peut-être pourrais-tu trouver quelqu’un qui serait intéressé par la création d’un club Rotary ? » Cette simple suggestion allait à jamais changer le cours du mouvement rotarien. On connait la suite.

La convention du 15 aout 1910 précisera un certain nombre de modalités organisationnelles et d’objectifs. (Nombre de club par ville et taille de la ville devant accueillir un club etc.)

Il faudra attendre l’année suivante 1911 pour qu’un bulletin de liaison apparaisse : « The National Rotarian » En 1912, il devient mensuel et ouvrira ses colonnes à des personnalités non rotariennes des sciences et de la politique. Cette publicité pour le Rotary boostera la création de club. Ceux-ci auront vocation à partir de 1915 à s’installer dans les villes de 20 à 25000 habitants. Aujourd’hui, cela peut paraître évident ; mais à l’époque, la richesse moyenne de la population et le nombre de cadre, dirigeants ou profession libérale, était bien moins représentés.

 

A suivre…

  

 

·       Est-ce conforme à la vérité ?

·       Est-ce loyal de part et d’autre ?

·       Est-ce susceptible de stimuler la bonne volonté et les relations amicales ?

·       Est-ce bénéfique à tous les intéressés ?

 

Histoire du Rotary  partie 2

Comme on l’a vu dans le chapitre précédent, tant pis pour ceux qui n’étaient pas présents la fois dernière, à partir de 1915, toutes les villes de 20 à 25000  habitants avaient vocation à se doter d’un club. Dans les faits, au fur et à mesure que les années passent, les clubs réduisent leurs prétentions tant sont nombreux les villes postulantes. Des villes de 10000  habitants prouvèrent rapidement qu’un club était viable. Le Rotary était à cette époque le seul club service même si le Lions allait rapidement se faire une place au soleil. En effet, les critères d’admission étaient tels que la majorité des candidats restaient sur le carreau puisqu’il n’était admis qu’un seul représentant de sa profession. C’est dire s’il fallait choisir les meilleurs.

A son début, Statuts officiels et Règlement intérieur n’existaient pas. On parlait à l’époque d’hommes d’honneur qui garantissaient le bon fonctionnement des clubs. Cependant, l’idéal et la perfection n’existant pas, il fallut se résoudre à graver dans le marbre certaines dispositions. Ceci se fit dans le chaos car bientôt 300 statuts et règlement virent le jour. Nous sommes loin de ce que l’association rotarienne avait pour ambition de réunir. Il fallait mettre de l’ordre dans tout cela.

En 1918, l’association internationale approuve une révision qui réduit à 4 ses objectifs qui deviennent 6 peu de temps après pour des raisons de croissance. Durant le conflit 1914/1918, le Rotary aide les victimes de la guerre et la réinsertion des militaires, soldats et marins, revenant du front.

Concernant les traditions, la roue rotarienne (la première date de 1910) a été modifiée maintes fois avant d’arriver à celle que nous connaissons. Sur les fanions et drapeaux, c’est le bleu et l’or sur fond blanc qui sont plébiscités. Le premier sera exposé en 1915 au Baltimore Hôtel de Kansas City. Le rotarien et Amiral Byrd plante un drapeau du Rotary au Pôle sud en 1922 et au Pôle nord en 1926. (Il flotte aujourd’hui en orbite autour de la Lune)

En 1926, les dirigeants considèrent que le Rotary doit emprunter 3 voies : une pour servir le club, une deuxième pour servir les professions et la dernière pour servir la collectivité. Ce concept est adopté par les clubs en 1927 lors de la convention d’Ostende. Cependant l’année suivante, le Rotary ajoute à ses principes la Paix et la bonne volonté internationale. Comme on dit, ça ne mange pas de pain, quand on sait ce qui adviendra de nouveau peu après. Le Rotary est International rapidement : Paris 1921, puis bien d’autres capitales européennes dont Vienne en 1925 et Hambourg en 1927. Ailleurs dans le monde, citons Calcutta et Melbourne en 1921, Djokjarkarta en 1927 et Singapour et Bangkok en 1930. Le Rotary attire Rois, Ambassadeurs, Sultans et Ministres. En fait, comme de nos jours, tout responsable veut se montrer être là où il est de bon ton d’être à un moment donné.

Evoquons rapidement la crise de 1929. Elle toucha autant le peuple que le monde rotarien, puisque les entreprises furent les premières touchées. On se réunit dans des presbytères ou des salles communales autour d’un repas frugal. Dans le monde entier, les clubs montent des actions au profit des plus défavorisés en dépit de leurs propres difficultés. Les mendiants s’alignent en file autour des lieux de distribution.

Pendant la seconde guerre mondiale, le Rotary insiste pour que les clubs demeurent en Allemagne. Selon certains représentants du parti d’Hitler, le rotary s’oppose à la politique gouvernementale. Les juifs sont contraints de quitter les clubs. En Espagne, le Rotary ferme des clubs ainsi que l’Italie et l’Autriche. En 1940 la 31eme convention à la Havane vote un fond de secours pour aider les victimes de guerre.

« Le Rotary n’a ni char ni armée, ni les moyens d’empêcher les pays de se battre, mais son heure viendra lorsqu’un conflit se termine, ce qui finit toujours par arriver ».

A la fin de la guerre, Paul Harris est un homme âgé qui a vu son idée se répandre à travers le monde. Le Rotary compte alors 5441 clubs et 247000 membres. S’il se désole d’avoir été le témoin de l’indécence humaine, Paul Harris se réjouira en 1947, à l’approche de son 78eme anniversaire de voir que le Rotary a fait mieux que survivre, il s’est développé.

En décembre 1945, Paul et Jean Harris se rendent comme chaque hiver à Tuskegee (Alabama). Au tout début de l'année 1946, Paul attrape la grippe. Chesley R. Perry, membre du Rotary club de Chicago et secrétaire général du Rotary de 1910 à 1942, se rend à Tuskegee et annonce que Paul est bien soigné mais est tout de même affaibli : « Il connaissait des problèmes pulmonaires depuis de nombreuses années et ne dormait, ni ne se nourrissait convenablement. » Les Harris rentrent à Chicago le 28 mars 1946 et ne retourneront plus à Tuskegee. 

Paul Harris décède le 27 janvier 1947 à Chicago à l'âge de 78 ans des suites de sa maladie. Le service funéraire se déroule à l'église Morgan Park Congregational Church au sud de Chicago. L'éloge funèbre est prononcé par trois dirigeants du Rotary, Perry, Warren, ancien président et Richard Hedke, président en exercice, et le cercueil est porté par les anciens présidents du Rotary club de Chicago.

 

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Parfois –le rotary- il a subi les critiques de ses compatriotes. Certains humoristes se moquaient de ces messieurs qui s’appelaient par leur prénom, des hommes d’affaires et petits bourgeois qui discutent et rien d’autre. Georges Bernard Shaw, un des plus acerbes, mais on connait son humour, répondra à la question : où va le Rotary ? « Mais… il va déjeuner ».

Les rapports avec l’Eglise Catholique ont été tumultueux. Certaines appartenances à d’autres associations livrent le Rotary au boycott. « Les bons catholiques ne peuvent pas appartenir au Rotary » proclame l’Evêque de Palence.  Donc, aucun ecclésiastique ne peut rejoindre ses rangs. A tel  point qu’en 1920, le Conseil d’Administration du Rotary doit rédiger une déclaration soulignant l’absence de tout lien structurel avec la Franc Maçonnerie puisque c’est d’elle dont il s’agit. Et en effet, il n’y a jamais eu de lien structurel. Le Rotary s’est seulement inspiré de sa philosophie et un peu de son organisation. Après tout, quand quelque chose fonctionne, pourquoi ne pas le prendre en compte ? Les choses s’arrangeront progressivement cependant, quand bien même en 1935, le journal officiel de la papauté « L’observatore romano » écrit : méfiez-vous du Rotary. Le temps guérit les blessures puisque le Pape Jean Paul II reçoit du Rotary en 1982  le « Prix du Rotary pour la Paix » lors d’une audience privée.

Les rotariens des pays de l’Est devront attendre 1989 pour se réunir de nouveau officiellement.

Je n’entre pas dans les différents programmes du Rotary, ils sont nombreux, et je laisse à un autre le soin de les développer.

Le Rotary est respectueux des gouvernements, fussent-ils critiquables. C’est le serment de tout rotarien : obéir aux lois de son pays. Comme pour beaucoup d’organisations, c’est l’esprit du temps qui fait évoluer les choses. Le sens de l’histoire comme on dit. C’est ainsi qu’il a fallu attendre longtemps avant que les femmes soient acceptées ou que les noirs entrent dans les clubs d’Afrique du Sud. La société civile précède les organisations, c’est en politique la même chose. Les dirigeants font souvent du suivisme. Etre réactionnaire est confortable quand ça évite de devoir changer. C’est toujours le conflit entre tradition et modernité. La modernité est nécessaire quand elle ne touche ou ne dénature pas l’essence de la tradition. C’est vrai partout. Je notais que le nouveau kakemono faisait état de Réseau social, ce qui est évident, en revanche,  et c’est dommage selon moi, ne figure plus ce qui a fait le Rotary, c’est-à-dire, l’aspect professionnel qui est l’ossature de notre mouvement. Devant les difficultés de recrutement, et par conséquent de pérenniser son financement, le Rotary a ouvert ses portes aux retraités. Mais il est évident, qu’un équilibre doit s’opérer dans les clubs afin que les actifs, c’est-à-dire ceux qui sont en capacité de recruter, soient largement majoritaires, sous peine de constater à terme qu’il s’est commuer en club du troisième âge promis à l’extinction.

Nous sommes aujourd’hui la première organisation mondiale en termes de membres acquittant une cotisation, loin devant la Croix Rouge. Si nous sommes perçus inégalement dans la population, c’est le caractère privé et élitiste qui en est la cause. Mais, sans ses filtres que nous imposons à nos candidats, le Rotary n’existerait plus puisqu’il ne serait pas en mesure de porter l’idéal et les capacités personnelles que ses membres lui apportent. Il doit être une vitrine de ce qu’il y a de mieux et on sait qu’en principe, on place toujours en vitrine ce qu’il y a de plus flatteur. Trop de démocratie tue la démocratie, comme le mieux est l’ennemi du bien. Le Rotary est un monde d’exigence, et on sait que l’acceptation de contrainte est par nature toujours mal partagée. C’est cette subtile notion d’équilibre et d’harmonie qui fait du Rotary une association spécifique qui a toute sa place dans nos cités par ses actions ciblées notamment dans le domaine de l’éducation et de la santé. Nous ne sommes pas une association caritative ou humanitaire. Le Rotary ne l’a jamais été même s’il s’investit fortement dans ces domaines. Nous sommes avant tout, un réseau de professionnel au service des causes les plus nobles : avantage collatéral du rotarien diront certains. On assène cette affirmation comme de la méthode Coué comme le font nos politiques sur d’autres sujets.

Le Rotary est le pourvoyeur privé le plus important du monde. Il est né avec la création d’un fond pour la dotation, il préfigurera la Fondation Rotary.

Vous voyez qu’une simple idée à l’origine peut amener à réaliser de grandes choses. Nous avons fêté le centenaire de notre mouvement sous ma présidence en 2005. Aujourd’hui, à l’exception que quelques fossiles, entendez par là ; pays communistes, il s’est répandu partout. Je laisse à quelqu’un d’autre décliner tous les programmes du Rotary qui ont vu le jour avec le temps. Ils sont nombreux. Nous le sommes aussi puisque nous représentons 1.250.000 membres dans le monde dont 300.000 en France. Il a compté des personnages célèbres telles que Vaclav Havel, Président Tchéque, Javier Pérez de Cuellar ancien secrétaire général des Nations Unies, Jimmy Carter, Nelson Mandela, Fédérico Mayor ancien Directeur Général de l’Unesco, Neil Armstrong, Winston Churchill, Baudoin de Belgique, Frank Bormann, Max Cointreau, le roi Gustave de Suède, Michel Debré, Maurice Denuzière, Thomas Edison, J F Kennedy, Le Général mac Arthur, Thomas Mann, le Général Marshall, Philippe d’Edimbourg, Antoine Pinay, Rainier de Monaco, Franklin Roosevelt, Albert Schweizer, Margaret Tatcher, Jean Sibélius, Claude Vuitton… et François Lorre.

 

 

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